Notes sur une fille marchant sur la corde raide


Robert Hirschfield trouve un moment de grâce dans un spectacle de rue en Inde.

LA FAMILLE vient et tend une corde entre deux arbres sur la rue Sudder. Le père frappe un tambour pour nous faire sortir de nos hôtels délabrés, et sa jeune fille, douze ans peut-être, se tient debout sur la corde, les bras écartés, comme si elle était sur le point de s'envoler.

Je me tiens devant l'hôtel Diplomat sans rien à faire. Un moment dangereux. Le poète indien que je suis censé rencontrer a une demi-heure de retard. J'en ai assez d'attendre. Je n’aime pas vraiment sa poésie de toute façon. Peut-être qu’elle n’aime pas la mienne.

La chaleur de Calcutta appuie sur ma gorge comme un pouce bâclé. À ma grande surprise, je me retrouve à l'approche de la corde, où la jeune fille au vieux visage, dans sa sale robe argentée, fait ses premiers pas. D'habitude, je n'aime pas voir les nantis divertissants. Même ceux comme moi naviguant dans les rigueurs de l'eau froide uniquement dans les hôtels. Mais lentement, cette fille commence à me séparer de mes pensées agrafées sur l'équation sociale ici. À chaque pas qu'elle fait, il est clair pour moi que ce n'est pas seulement la corde qu'elle maîtrise, mais l'espace autour de la corde.

D'habitude, je n'aime pas voir les nantis divertissants.

Naviguer entre deux arbres sur le bateau d'une corde, avec l'aisance autonome qu'elle incarne, est une sorte de grâce. Le genre que je n'ai jamais goûté de ma vie. Je n'ai pas l'habitude de me tenir au-dessus d'un abîme avec mes risques.

La fille ne me montre pas tellement comment cela se fait, mais la pure lumière du courage. Je la regarde et hoche la tête.


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